Loi divine et loi civile

Mais qui ne voit et ne sent parfaitement qu'une société dégagée des liens de la religion et de la vraie justice, ne peut plus se proposer aucun autre but que d'amasser et d'accumuler des richesses, ni suivre d'autre loi dans ses actes que l'indomptable désir de l'âme d'être esclave de ses propres passions et intérêts ? C'est pourquoi les hommes de cette espèce poursuivent d'une haine si cruelle les Familles Religieuses, en dépit des services rendus au prix des plus grands efforts à la religion chrétienne, à la société civile et à la culture ; ils déblatèrent contre elle en disant qu'elles n'ont aucune raison légitime d'exister, et c'est ainsi qu'ils applaudissent aux divagations des hérétiques. (…)
Et ils déclarent même dans leur impiété qu'il faut ôter aux citoyens et à l'Église la faculté “de fournir valablement des aumônes publiques par charité chrétienne”, et abolir la loi “qui à des jours déterminés défend les œuvres serviles pour vaquer au culte divin” sous le prétexte si fallacieux que “la faculté et la loi ci-dessus évoquées sont contraires aux principes de la bonne économie politique”.
Pie IX : Quanta cura, 6-8 ; 8 décembre 1864.